Y a-t-il censure dans le sport électronique ?

C’est un sujet délicat qui mérite souvent des pincettes avant de s’y attarder. Il trouve rarement sa place dans les médias télévisés, parfois dans la presse écrite. Sur le web, les langues semblent plus facilement se délier. En témoigne l’affaire récente relevée par Rue89.com sur la censure du JDD à propos de Cécilia Sarkozy. Loin de ces considérations politiques où de puissants pouvoirs essaient de s’attribuer les faveurs de la presse, le sport électronique subit lui aussi, à sa mesure, une censure à la fois idéologique et économique.

Tout d’abord, je voudrais faire un rappel sur l’histoire de la censure, de manière synthétique. Elle est passée par différents stades et a évolué au fur et à mesure de notre histoire. En premier lieu, il y eût la censure légale. Ou plutôt, la censure d’état. Celle qui, aidée par un ministère de l’information, établissait le sommaire du journal télévisé. Celle qui filtrait les images et les informations de la guerre d’Algérie. Celle qui interdisait la publication d’ouvrages un peu trop… documentés.

Puis, petit à petit, elle s’est métamorphosée. En plus des limites naturelles à la liberté d’expression (qui sont une forme de censure) comme l’atteinte à la vie privée ou bien la protection de l’enfance, s’est fixée une nouvelle forme de censure moins évidente et qui touche notamment le sport électronique.

La censure économique est l’une d’elle. Dans notre monde, elle se traduit par essentiellement ce qu’on appelle la théorie de l’agenda. Les médias choisissent de quoi ils vont parler, de quoi vous allez donc parler, et occultent des sujets délicats en contre partie. En France par exemple, sur team-aaa.com ou Esportsfrance.com, on ne parle pas autant de l’ESWC que des CGS qui pourtant font l’actualité chaque jour dans les médias anglo-saxons. Je ne juge pas, je constate. Esreality.com par exemple, d’origine anglaise, fournit bizarrement depuis que son créateur, Sujoy Roy, est devenu le General Manager de la franchise Londres, tout un tas d’articles liés à cette ligue. Mais Gotfrag.com, qui n’est pas impliqué directement par ce phénomène en fait des tonnes aussi et possèdent leurs propres raisons que l’on estime aujourd’hui tout à fait respectables.

De même qu’en Allemagne, la présence des EPS Allemagne est prépondérante par rapport à la présence quasi anecdotique des EPS France dans nos médias français. Pour expliquer cette censure économique, c’est simple. Nombreux sont nos médias qui cherchent à ramener de l’argent pour atteindre un certain professionnalisme. C’est une croisade honorable mais qui peut pousser à des dérapages. Car pour ramener de l’argent, il faut parler des sujets qui intéressent les gens. Ce qui provoque des clics. Ce qui intéressera l’annonceur qui pourra investir dans une campagne publicitaire. Bla, bla, bla… Vous l’avez forcément remarqué, ce système est bien installé depuis plusieurs années maintenant à la télévision. Son vice : nuire à la qualité de l’information pour plaire au plus grand nombre.

Mais il n’y pas qu’une censure macroscopique à l’échelle du choix des articles, il existe aussi l’auto-censure qui est tout aussi subtile et tout aussi grave. Cette fois-ci, ce sont les “journalistes” de sport électronique qui s’imposent leurs propres limites. En France par exemple, on peut parler d’auto-censure quand, lors d’une altercation entre deux joueurs en LAN, le fait divers est éclipsé. De même lorsqu’un joueur, provenant d’Arabie Saoudite, déclare à la Coupe du Monde 2006 ne pas vouloir affronter un israélien, pour des raisons à priori politiques voire racistes. En fait, cet exemple cumule aussi ce que l’on pourrait appeler la censure idéologique.

Pour l’expliquer, un peu de réflexion ne fait jamais de mal. Prenons le nom de l’association qui édite Esportsfrance.com : Association pour la Promotion des Sports Electroniques. Ici, il n’est pas question d’information du sport électronique mais de promotion. Et forcément, les évènements qui entachent l’image de l’esport ne font pas bon ménage quant au développement de notre activité puisqu’ils n’agiraient pas au nom de la promotion mais en faveur d’une certaine dévalorisation de nos disciplines. Du moins, c’est ce qu’insinue ce nom.

En fait, on est à un point où censure économique et auto-censure se rejoignent. Prenez par exemple les “journalistes” sportifs à la télé. 100% foot sur M6, peut-être la plus libre des émissions de football, tape très rarement sur Bordeaux qui appartient à la chaîne. Mais c’est sans comparaison à la censure que s’infligent Thierry Gillardi dans Téléfoot et Denis Balbir sur France 2 foot. A la botte de la ligue 1. A la botte du football.

On en est encore loin dans l’esport, mais on peut déjà établir ce constat : il existe bel et bien une censure économique qui nous touche, pays par pays, culture par culture. En caricaturant, la France écrira de bons papiers sur l’ESWC, les Etats-Unis sur la CPL ou les CGS, et l’Asie sur les WCG. C’est l’un des inconvénients d’une presse spécialisée engagée dans un système promotionnel. L’avantage, c’est que le web est aussi un lieu libre où quelques bastions résistent. Personnellement, j’espère avoir fait ce que j’ai pu pour ne pas faire d’Esportsfrance.com un organe communicant de l’ESWC. Ce blog en est la parfaite illustration à mon humble avis. Et pourtant, lorsqu’en mai 2005, on nous annonçait que Games-Services hébergerait notre site (comme par le passé ce qui avait valu à Ligarena une belle ardoise), des inquiétudes pouvaient légitimement se poser.

J’avais immédiatement alerté des dangers que représentait ce rapprochement à Sylvain “ahriman” Maillard, alors rédacteur en chef il me semble. Il m’avait alors certifié qu’il n’y aurait aucune forme de censure, engagement qui a été tenu. Sauf que, malgré cela, il est très difficile pour un “journaliste” amateur de rompre ce lien psychologique. Y a-t-il ne serait-ce qu’un seul article pour dénoncer la discrimination que représente le tournoi exclusivement féminin de l’ESWC, idée qui n’a fait finalement aucun émule ? Ben voyons, aucun. On nous dit que c’est de la discrimination positive. Très bien, n’empêche que ça reste discriminatoire, non ? N’empêche que ces femmes constituent plus des objets de communication, de marketing, que des individus sportifs. En fait, le tournoi féminin de l’ESWC est même devenu un formidable outil promotionnel pour l’esport international. Du coup, “on” ne dit rien, “on” ne préfère pas trop en parler et “on” finit, misérablement, par tous l’accepter…

Et puis, on peut porter notre regard un peu plus loin, dans la presse jeu vidéo généraliste. Nofrag.com, l’un des site les plus consultés dans ce domaine en France est un fervent défenseur de l’indépendance. A tel point qu’ils peuvent se retrouver dans des situations cocasses comme l’expliquait dernièrement à travers son blog l’un de ses rédacteurs, Dr.Loser. Extrait :

Toujours à propos de la pub, nous devrions mettre en place très prochainement un habillage du site aux couleurs de Quake Wars alors que les avocats d’Activision nous ont formellement interdit de publier la moindre image du jeu. Ironie amusante.

Dans l’esport, ce que l’on pourrait éventuellement risquer, c’est qu’en critiquant un évènement, le site pourrait se retrouver l’année suivante sans accréditation presse. Ça, c’est dans le meilleur des cas. Au pire, on va se retrouver dans une situation particulièrement mielleuse où tous les médias diront la même chose, gentiment, et éviteront de se faire taxer d’anti-ceci, d’anti-cela. Et à ce moment-là, il va falloir compter sur la lucidité de certains d’entre nous et d’entre vous pour soutenir les bastions qui ne se soumettront pas à toutes ces formes perverses de la censure. Dernier en date, dans le monde politique cette fois-ci, assez polémique d’ailleurs mais là n’est pas la question : la venue d’Arrêt sur images sur le net. Aviez-vous entendu cette information relayée dans vos médias ?

Ah, l’auto-critique et l’auto-censure. L’un veut évincer l’autre et l’autre cherche à éviter le premier. Et dans l’esport, à votre avis, lequel en sortira vainqueur ?

Manuel “manuuu” Raynaud, auto-censeur professionnel.

14 commentaires

  1. ahriman
    29 September 2007

    Mon opinion sur l’epsort féminin ne va pas dans ton sens mais je ne crois pas avoir empéché quelqu’un d’écrire la dessus.

    De plus tu sais très bien que malgré ma situation et Esportsfrance.com le site a toujours été le plus critique vis-à-vis de Games Services et de l’ESWC, cf tes nombreux articles notamment sur Cyberleagues, ca commence à manquer d’ailleurs, ou les blogs désormais de Wanzerg toi et d’autres.

    Je ne trouve pas qu’Esportsfrance.com soit le bon exemple.

    De même il n’y a jamais eu de censure sur l’épisode du joueur d’Arabie Saoudite qui ne voulait pas affronter le joueur d’Israël. Etant en plein dans l’administration des tournois lors de l’ESWC 2006 ce n’est pas moi qui est dit à Esportsfrance.com de ne pas en parler (à vrai dire je me souviens même pas si vous l’avez fait ou pas :).

    Je ne vois pas le tord que cela aurait pu faire à l’ESWC d’en parler en plus. Justement cela je crois en a fait parler dans quelques sites étrangers plus généralistes. Peut être que si cela ne s’était pas passé ces médias n’en auraient jamais parlé.

    Ensuite c’est normal qu’un site d’actualité parle plus de ce qui se passe dans son pays que de ce qui se passe chez tous ses voisins. tu devrais le savoir que c’est ce qui est proche de soit ou qui touche directement qui intéresse souvent le plus. Si les journaux télés ouvrent si souvent leur JT par des mesures économiques ou politique par exemple qui touchent tout le monde, notamment dans leur quotidien, c’est bien parce que c’est ce qui intéressent les gens et ce qu’ils veulent savoir.

    C’est pourquoi par exemple en Allemagne on retrouve beaucoup de news sur les EPS et Turtle car c’est l’un des principaux moteurs de la scène allemande. De même avec Gotfrag aux USA et les CGS. Ou Cyberleagues/ESWC en France.

    La raison n’est pas aussi pour bêtement faire des clics. Si on écrit c’est aussi pour être lu par des gens. Et si on écrit pas sur ce qui intéresse les gens on a peu de chances d’être lu :) Et quand j’écris ou toi tu écris, c’est avant tout pour être lu. C’est donc normal qu’on écrive sur des sujets qui intéressent les gens, au delà du simple fait de faire des “clics”. C’est très réducteur de ce qu’on fait je trouve de dire cela.

  2. john
    29 September 2007

    je vais juste faire une ou deux remarques : la premiere cest qu’il est tout naturel pour nos amis thierry et denis de s’extasier devant le foot français puis que c’est un produit dont ils détiennent les droits (surtout Denis d’ailleurs). Donc ils essaient de vendre leur produit en disant que c’est génial et tout et tout.
    Après je pense pas qu’il ait une quelconque censure dans les sites spécialisés sur le sport électronique puisque il me semble tout à fait normal et pas choquant du tout que certains pays défendent plus une compétition qui ressemble plus à leurs valeurs (france = eswc etc etc.). Le seul truc un peu génant serait ptete les CGS qui en font surement un peu trop en voulant “acheter” l’avis de certains sites. A voir en tout cas.

  3. Benjisite
    29 September 2007

    j’aime d’ordianire les articles de ce contributeur, mais je pense que beaucoup de paragraphe ne disent rien d’intéressant dans ce cas la..
    ça ressemble à de la prose… pour de la prose avec un titre qui m’a incité a cliquer en plus ;)

    Je pense qu’en interne dans la redaction vous pouvez débattre s’il faut traiter de tel ou tel sujet. Après, le fait que les faisauer de l’e-sport soient aussi les chroniqueur de l’esport amène a des situations compliqué mais il faut bien commencer par quelque chose :)

  4. Manuel Raynaud
    29 September 2007

    J’ai pourtant eu l’impression de prendre un maximum d’exemple pour expliquer le concept des différentes censures que je citais. J’aurai aussi pu rajouter celui-là :

    A la télé, la censure économique existe aussi dans les créneaux horaires. On ne diffuserait pas sur TF1 du dexter en prime time mais plutôt du heroes. Tout comme on ne diffuse pas de sujets chocs en fin de journal télévisé mais des sujets légers pour soulager / emouvoir / rendre sensible le spectateur, à l’approche des publicités, de la météo, et du programme prime time. Enfin, le concept de censure économique, ce n’est pas moi qui l’ait inventé hein, ce n’est pas de la prose, malheureusement…

  5. Benjisite
    30 September 2007

    Si les gens en général ne souhaitait pas mettre les animosités en avant, on n’utiliserait pas les nations comme classification du coup, ce qui revient philosophiquement à encourager le nationalisme, donc l’envie de défendre son pays, d’ou la supériorité raciale qui peut en découler…

    La censure économique s’applique bien plus dans d’autres domaines que l’esport de ce que l’on peut en voir..

    A voir (et ça devrait te plaire) : “poison d’avril” pour surtout le bonus qui fait entrer pour la première fois une camera dans le bocal ou se fait le journal de france2 (les titres /pk/pk pas, maronnier (et comprendre pourquoi certain sujets ressortent a certaines période (cf sectes /jeux video …))

  6. john
    30 September 2007

    Encore une fois, quand tf1 diffuse heroes à la place de dexter, ce n’est pas de la censure économique… C’est un choix qu’effectue la chaine de télé par rapport au public qu’il y aura sur cette tranche horaire. Et tf1 peut remplacer heroes par une autre série comme ça, le prix de 30 sec de pub dans cette tranche horaire ne changera pas… C’est la chaine qui fixe le prix des pubs genre 17h : 30sec => 30 000€ ; 20h40 : 30 => 100 000€.

    Une censure économique pour moi cest le fait d’etre sous la pression d’argent extérieure. Aucune chaine de télé occidentale n’a cette contrainte. Par contre en Birmanie et tout, là ok…

  7. low!e
    30 September 2007

    Par rapport au dernier paragraphe d’ahriman : idéalement, un journaliste écrit pour relayer l’information qu’elle soit lu ou pas ; non ?

  8. Manuel Raynaud
    30 September 2007

    john, la chaine fixe le cout d’une pob à condition qu’elle soit leader sur la tranche horaire. Avec dexter, elle repousserait ses quinquagénaire, éventuellement perdrait le leadership, et de l’argent avec. Avec Les Experts, elle s’assure le leadership très facilement, et plein de tune. Il n’est donc pas question pour TF1 de passer un programme informatif journalistiquement très performant en prime time puisqu’il ne fera jamais autant d’audience qu’un épisode des Experts. Ce que je dis, ce n’est pas une découverte qui a été faites, c’est ce qu’on te raconte en cours de droit et censure, c’est ce qui existe. Je ne l’ai pas inventé…

    comme low!e le dit, l’information normalement ne devrait pas être choisie en fonction de si elle va être lue ou pas. Elle devrait être choisie en fonction de sa pertinence. D’ailleurs ahriman, tu sais très bien que si kaha faisait des news sur dod pour être lu, il ne serait déjà plus là. Pareil pour PES, pareil pour TMN, pareil pour syinh et ses jeux de combats. Pourtant, on est tous d’accord pour que cette information est indispensable pour se faire une idée réelle et globale de l’esport mondial, non ?

  9. Edin Muradbegovic
    30 September 2007

    On reste tout de même volontaire et c’est très important de le rappeler. On ne fait pas de grosses réflexions sur nos choix rédactionnels, on va au plus simple (par manque de temps sûrement). C’est ainsi qu’on donne plus d’importance à des transferts et des ligues étrangères qu’aux même choses en local, par exemple. Il y a aussi le fait, quand on choisit de faire une news, on la choisit par l’intérêt qu’on y porte. Il est très rare qu’on s’oblige à faire une news dont le sujet nous repousse, ou bien on ne dure pas bien longtemps dans ce monde.

  10. Benjisite
    30 September 2007

    merci pour TM au passage :), uen vision grands publics de l’esport c’est possible?

  11. sp0otnik
    1 October 2007

    Je trouve que tu rapproches beaucoup la censure du simple choix décisionnel. A partir du moment ou un journaliste, une chaine, ou un site, fait le choix de parler d’une actualité, censuce-t-il automatiquement toutes celles dont il ne parlera pas ?

    Je n’en suis pas certain. Faire un choix plutôt qu’un autre reste dans le domaine du choix, et n’entre pas dans le domaine de la censure. La censure existe a partir du moment ou ce choix n’est pas libre, et il me semble que sur esportsfrance.com, nous restons libres de nos choix et des sujets que nous traitons, qu’ils soient polémiques ou pas. La ou il pourrait y avoir censure (que certains appelleront politiquement correct), c’est dans la manière de traiter le sujet. Enjoliver les choses, ou les présenter sous un jour meilleur est une forme de censure qui touche le sport éléctronique, et je te rejoint totalement sur ce point.

    Par contre, pour le cas du joueur PES (arabianjocker il me semble ?) qui avait refusé de jouer, cet incident avait été relevé sur esportsfrance.com, contraitement à d’autres sites, notamment dans les preview eswc 2007 :

    ” L’an dernier, ArabianJoker n’avait pas passé les phases de poule alors qu’il était le tenant du titre. Cette année, il aura à coeur de réitérer son exploit de 2005 et devra faire oublier son comportement peu fair play envers le joueur israélien, qu’il avait refusé d’affronter pour raison politique.”

  12. Manuel Raynaud
    1 October 2007

    Tu trouves ça normal qu’il faille attendre un an pour le relever ? :) Quoiqu’on en dise, il y a un caractère indécisionnel de la censure porté par la tradition que l’on a du sport électronique, l’imagerie collective qu’on se fait de l’esport en france est bien différente de celle aux USA, en allemagne. Encore une fois, quand syinh parle des jeux de combats, c’est aussi parce qu’il est persuadé (et je l’ai encouragé à de nombreuses reprises car c’est aussi mon point de vue et j’ai l’impression celui de la majorité de la rédaction à l’époque ou j’étais encore présent) que la diversité et la pertinence de ce domaine doit se faire une place dans l’esport. Autrement dit, ce n’est pas l’intérêt qui régulerait l’information mais sa pertinence quasiment idéologique que l’on se fait de l’esport.
    Elle peut aussi converger avec une autre idéologie, cette fois-ci réaliste de l’esport. Par exemple, PES est un jeu qui comporte des millions de joueurs a travers la planète. Seule une minorité de ces joueurs sont des compétiteurs, les autres sont des casual gamers. En mettant PES en avant, on justifierait une approche réalistique de l’information esportive car on mettrait à contribution son potentiel pour que l’esport se développe. On en est qu’aux débuts je pense mais je suis sûr qu’on peut déceler différents courants idéologiques dans le traitement de l’information esportive.
    Malgré cela, il existe la principale, une information régulée par sa demande. Autrement dit, on ne parle pas de sujets qui n’intéressent pas. C’est peut-être ce qui touche une large majorité des sites d’informations, notamment locaux comme fragbite qui se consacrent presque exclusivement à Counter-Strike. On pourrait dire presque la même chose de Gotfrag qui ne parle pas vraiment de beaucoup de disciplines, comptant sur sa communauté pour développer son contenu.
    Quoiqu’il en soit, en idéologisant ce traitement de l’information (ce dont je suis pour, dans une certaine mesure), quelque part on censure ces autres façons de voir l’information puisqu’on dépensera plus de forces dans l’écriture d’un texte sur PES que sur CS, jeu qui mobilise pourtant la majorité du lectorat. Et moudj, tu crois peut-être ce que tu veux mais il m’est arrivé de nombreuses fois, quand j’entretenais notamment la rubrique généraliste, d’écrire parce que je pensais plus à mon “devoir” de journaliste qu’à mon plaisir de “rédacteur”. Crois-moi, parler de WiC ou des jeux qui n’attire pas beaucoup les yeux d’un public de compétiteurs, malgré toutes ses qualités, n’est pas quelque chose de particulièrement passionant. Seul le fait d’en parler me motivait parce que cette manière de voir l’information est quasiment unique dans le contexte esportif mondial et parce que je pense que c’est rendre, dans une perspective de décryptage, l’actualité de l’esport au plus proche de ce qu’elle est.

    Et tu le sais très bien, on en a souvent discuté sur le chan privé d’esport ou celui du staff. Ahriman pourra en témoigner en tout cas et c’est d’ailleurs clairement ce qui énervait d’autres qui ne voyaient pas les choses de cette manière :p

  13. sp0otnik
    1 October 2007

    L’information est régulée par la demande, les sites d’actualité répondent à cette demande en écrivant la plupart du temps pour être lus, et il est vrai que cela pose un probleme. Car, si l’on écoute que la demande, on se retrouve avec une information formatée répondant à des critères désuets et minimalistes, le lectorat étant généralement formaté par d’autres sources médiatiques telles que la télévision. C’est en effet du devoir du rédacteur et, plus largement, de l’équipe de rédaction, de créer l’ouverture d’esprit qui permettra de mettre en avant des sujets moins médiatiques. Proner la diversité est une force, contrairement à ce que beaucoup pensent dans les médias, et je suis à 200% d’accord avec toi sur ce point.

    Il y a un an j’étais rédacteurs chez cs-fusion, et je savais a peine que PES existait en compétition :D

  14. Edin Muradbegovic
    1 October 2007

    Manuuu, je t’avouerais aussi l’avoir fait dans certaines occasions même si je ne trouvais aucun intérêt à l’info que je transivais. Mais il faut rappeler quelque chose, ton travail et celui de quelques rares membres dans Esportsfrance a été bien plus grand que celui d’un simple bénévole et que celui du rédacteur lambda d’esportsfrance. Tu as effectué ton stage chez nous, etc. Donc ta manière de réfléchir aux problèmes et aux manières de l’actualité et bien plus développée que chez les autres et c’est là que je reviens au mot “bénévole” qui travaillent en dehors de l’école, qui n’ont parfois aucune notion et aucune qualité pour écrire et qui se font formater (c’est pour les aider car on manque de personne) par nous.

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(Commentaire modéré a priori)