Parmi la petite dose d’articles que je me suis coltiné à vous faire vivre en mode concentré pendant l’ESWC et après l’ESWC, je me demande bien comment j’ai fait pour loupé celui-là. Est-ce encore un coup de ma très sélective mémoire ou bien le destin qui m’a envoyé comme par enchantement sur le site du JDD le jour de l’ouverture de ce blog ?
Vous pensiez les amalgames jeux vidéo et dépendance généralisée à ce média finis ? Et bien détrompez-vous puisque le Journal du Dimanche a publié un article dimanche 8 juillet rédigé par Charlotte Langrand et dans lequel elle a eu l’excellente idée de rapprocher la marque “Championnat du monde de jeux vidéos” avec “l’addiction des joueurs“. Notez au passage les deux fautes. Il s’agit de la Coupe du monde. Et on ne met pas de “s” à “jeux vidéo”.
Ce travail journalistique hors pair a été d’ailleurs repéré par des lecteurs qui sont restés cois devant un tel manque de discernement. Et qui est, par ailleurs, un tantinet inquiétant, surtout lorsque cela parait dans le JDD.
Ces bourdes mises à part, l’article isolé de cet aspect-là pourrait traiter de manière satisfaisante l’addiction réelle au jeu vidéo qui est un fait avéré que l’on ne peut pas non plus ignorer. De ce côté-là, on est un peu mieux loti. Même si le travail chez d’autres est de meilleure qualité, faut pas s’étonner.
Citant l’AMA, l’association médicale américaine, dans un rapport qu’elle a commandée, “15% des jeunes Américains auraient une pratique anormalement élevée des jeux vidéo (soit cinq millions de personnes).”
Chez Ecrans.fr, le site de libération, qui a aussi traité le sujet (et en mieux), ils n’hésitent pas à reprendre les conclusions d’une étude publiée dans la revue Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, éditée par… l’AMA !
Cette étude essayait de définir l’emploi du temps d’un échantillon d’adolescents et de comparer les habitudes des joueurs avec ceux qui ne jouent pas. Sont passées au peigne fin le temps relationnel établi entre l’ado et ses parents, l’ado et ses amis, l’ado quand il lit, etc. Au final, les différences entre les deux groupes sont minimes, de l’ordre de quelques minutes seulement.
Mais pourtant, l’article du JDD continue à citer des exemples alarmistes. On a donc le droit à “des cliniques et des consultations spécialisées ouvrent un peu partout dans le monde“, pointant le caractère international du phénomène. Ou “un Coréen de 38 ans est mort d’épuisement en 2005 alors qu’il jouait en réseau depuis dix jours“, montrant la gravité du puit d’addiction dans lequel peuvent s’engager tous nos jeunes, mais bien sûr !
Voilà la meilleure manière d’allier le stupéfiant et l’inquiétant sûrement pour mettre en garde des parents un peu dépassés par le monde numérique. Bizarrement, ceux-là ne s’inquiètent pas de l’impact psychologique sur leurs bambins qui passent eux plus de 2h devant la télé (chiffre de 2004, pas eu le temps de chercher plus longtemps), là où les joueurs de l’étude citée précédemment ne dépassent pas l’heure quotidienne devant leur console (ou leur pc qui sait !).
Bon pour terminer, heureusement que mister Marc Valleur, interrogé dans l’article du JDD essaye au maximum de dire les choses de manière juste sans pour autant tomber dans la caricature. Tout comme la citation d’Alexandre Pilot, l’un des créateur de Nolife, isolée dans un paragraphe qui est loin de s’étendre sur tout le papier. “Ensuite, certains réussissent à acquérir une renommée avec leurs exploits de jeu. On développe aussi un sens de l’équipe et de la stratégie, comme un manager. Mais les gens ne le comprennent pas, il y a trop de décalage générationnel.” Mais ça, ce n’est pas la conclusion ! Et je vous laisse le soin de la lire.
6 commentaires
16 July 2007
Un bien bel amalgame. La pic de l’ESWC n’a vraiment rien en commun avec le contenu de l’article.
Une fois encore, compétition et addiction n’ont rien à voir, ici, la tenue de l’ESWC a visiblement servi de prétexte à parler du mauvais côté et à tout mélanger (mmorpg et cas pathologiques). Une sad story.
17 July 2007
Pendant encore combien d’années devront nous subir ce genre d’article?
Je ne nie pas la réalité du problème qu’est la dépendance aux jeux vidéo, mais combien d’individus cela représente réellement sur les millions de joueurs de part le monde?
Une fois de plus on est en face d’un article qui cherche juste à faire du sensationnalisme à outrance.
La meilleure preuve est de citer un cas extrême unique (celui du joueur mort après 10jours de pratique non-stop.) et d’essayer de généraliser pour le faire passer pour un cas pas si unique que ça…
C’est tellement idiot que dans le genre je pourrai aussi bien écrire un papier avertissant à quel point il est dangereux de faire du sport vu le nombre de personnes mortes en pratiquant le sport de façon intensive…
Là où c’est encore plus grave que d’habitude c’est qu’ils profitent de l’ESWC pour faire un véritable micmac entre compétition Esport, joueurs de mmorpg et dépendance de jeu vidéo.
De quoi faire de magnifiques raccourcis pour les lecteurs qui ne s’y connaissent rien.
J’imagine déjà les grand parents qui vont se taper une crise de stress en lisant tout ça, sachant que leurs petits enfants pratiquent les jeux vidéo ou pire un mmorpg! :/
17 July 2007
J’ai vu cet article en rentrant chez moi.
Vraiment insupportable…. il est beau le travail journalistique :p
17 July 2007
Profiter de l’ESWC pour pondre un article sur la cyber dépendance d’une minorité de gens vulnérables, ouais pas très étonnant..
Parler de l’addiction de certains jeunes (et moins jeunes) fait vendre plus de papier qu’un article sur l’esport et ses disciplines..
17 July 2007
Depuis quand le JDD peut-il être qualifié de journal ?
Il y a 12 ans une de mes profs rembarrait déjà ce titre sur la “qualité” de ses articles et son inclination à pondre des contenus racoleurs. Ca n’a certainement pas changé.
On ne fait pas face à une bévue de journaliste, mais juste à leur ligne éditoriale.
17 July 2007
“Ouf ! je suis en Norvège.”