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Édito : Compétitions, à qui la main ?

04 F�vrier 2013 � 23:25

20 commentaires

 

DreamHack, MLG, ESL, ESWC … Ces noms ne vous sont probablement pas étrangers, ils représentent quelques-uns des plus grands évènements esportifs du monde, rassemblant des joueurs de toutes les nations depuis parfois plus de 10 ans. Chacun à sa manière fait avancer le sport électronique et bien qu’indépendant, chacun dans le secteur avance au gré des partenariats aussi bien que des mésententes.

Le 15 novembre les choses ont un peu bougé, avec l’émission d’un communiqué annonçant un partenariat de grande envergure entre l’ESL, la DreamHack et la MLG. Une bonne nouvelle pour l’esport avec des promesses de coordination permettant d’amener le sport électronique à « un niveau global ». De fait quand trois des plus grandes instances du milieu disent qu’elles vont faire cause commune c’est effectivement ce que l’on peut attendre, avec également une possible prédominance de cette nouvelle entité. Pourrait-elle cependant devenir l’acteur incontournable du sport électronique ? Pas sûr.

Le titre de l’article ne fait pas seulement référence à ce simple état de fait, cela serait un peu trop facile et le lecteur en mal de sensation serait en droit de hausser un bref sourcil interrogatif sur une si brève analyse. Mais donc ? Pour pousser plus avant la réflexion, il convient de mettre en lumière d’autres actions d’acteurs prépondérants dans le sport électronique mais qui peuvent souvent être mis de côté : les éditeurs. En effet, si ceux-ci prennent part de manière plus ou moins importante dans le développement compétitif de leur jeu, il est clair que leur implication se fait de plus en plus importante. De fait ils sont déjà à l’origine des mésententes évoquées plus haut car ce sont eux qui autorisent ou interdisent leur jeu en compétition, ce qui entraine des rivalités entre organisateurs. L’exemple le plus flagrant est RIOT, qui dès le départ a mis les choses au clair : League of Legends a été créé pour la compétition, l’éditeur gardera la main mise sur les compétitions.  
Dustin 'RedBeard" Beck, Vice-Président eSports de Riot

  Il suffit pour cela de voir tous les dispositifs, du principe de saisons en passant par les circuits et l’affiliation des compétitions. Dans le même genre, Blizzard a mis en place en 2012 les Starcraft 2 World Championship Series, son propre circuit de tournois dans le monde. Ce
dernier acte est d’autant plus étonnant que depuis Starcraft premier du nom Blizzard avait toujours été très frileux quant à son implication dans le sport électronique. Les autres éditeurs sont également présents avec plus ou moins d’implication, tels Nadeo pour Shootmania, ou encore Valve avec Dota 2 et Counter-Strike. Néanmoins RIOT et Blizzard sont un cran au-dessus car ils prennent directement part à l’organisation de leurs compétitions, avec une logique de circuit amenant à des finales globales. On assiste à une institutionnalisation allant au-delà des simples qualifications online avant un évènement offline, voir avec une mise en avant de la professionnalisation des joueurs comme le fait RIOT.

Après cette petite mise en lumière on peut faire le rapprochement avec les deux parties de l’article : les organisateurs historiques se rassemblent pendant que les éditeurs s’impliquent de plus en plus. Coïncidence ? Les seconds commencent à faire de l’ombre aux premiers, avec une perspective peu enviable de voir les éditeurs gérer totalement leur compétition sans organisateurs externes. De plus, quand on voit des acteurs comme Blizzard récolter les fruits d’un travail de plusieurs années pour développer la scène esportive, on peut se poser la question de la légitimité de cette prise de position après un long silence. Le problème est que les éditeurs ont tout pouvoir sur leur jeu, de la gestion des serveurs aux droits d’utilisation de leur jeu, les droits d’auteur leur autorise tout et ils peuvent du jour au lendemain interdire à d’autres qu’eux leur utilisation en compétition. Or quand on possède un jeu aussi incontournable actuellement dans l’esport que League of Legends, on peut enfoncer ou mettre en grâce n’importe quelle compétition car personne ne peut se passer volontairement des retombées générées par un tel jeu. Le pouvoir décisionnaire des éditeurs est donc prépondérant et ce depuis déjà longtemps, et ils commencent à aller plus en avant dans le processus.


La question tombe donc : quel est l’avenir des organisateurs indépendants de compétitions esport ? L’interrogation est légitime tant la balance peut paraître inégale. La logique d’intégration des compétitions au sein des entreprises de développement pourrait être un avenir probable. L’association des organisateurs indépendants trouve ainsi une autre explication, ils cherchent à peser face à cette menace en se posant comme acteurs incontournables dans le milieu grâce à l’étendue de leur processus compétitif et à leur expérience. Car oui on ne s’improvise pas organisateur mondial dans le sport électronique et chacun l’a bien compris, c’est ce qui maintient l’équilibre des pouvoirs. De plus, l’implantation, l’image et la notoriété des grandes compétitions internationales font que se passer d’elles reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Il est donc peu probable sur le court terme que celles-ci disparaissent.  

L'ESWC 2006 à Bercy.
  Néanmoins, sur du plus long terme, la question reste valable. D’un côté c’est tout un système fondé sur la passion et le dévouement depuis des années dans un secteur de niche et de l’autre des éditeurs de jeux vidéo qui peuvent prendre la main à tout moment. Quel serait l’intérêt pour un organisateur de compétitions de se démener pour le développement de la scène esportive sur un jeu, en faire la promotion et faire face à la critique, pour que tout soit repris par l’éditeur du jeu lorsque la machine est bien lancée et le
succès au rendez-vous ?  D’une part ce n’est pas très gratifiant et d’autre part ce n’est pas très rentable donc il n’y a pas vraiment d’avenir dans un tel procédé sauf à vouloir se mettre sous la coupe d’un éditeur pour gérer tout le processus. En cela c’est un peu la méthode de l’ESL, la MLG et la DreamHack qui ont peut-être pour souhait de se poser partenaire unique et sans concurrence pour l’organisation des compétitions sur tous les jeux, ce que peu ou prou ils couvrent actuellement à eux trois.

Guerre froide où chacun pose ses pions, cette réflexion peut être étendue à d’autres sujets car on se trouve à un point de rupture où tout un système au départ marginal et aujourd’hui en explosion autour des compétitions de jeux vidéo va se trouver en collision avec des éditeurs avides de reprendre la main.



L'Édito est une nouvelle rubrique mensuelle qui paraîtra tous les premiers lundi du mois. Contrairement à ce qui se fait chez certains de nos concurrents où "Édito" est un label commode pour tenter de dégager la structure de toute responsabilité vis-à-vis d'un article un peu trop engagé, il s'agira chez nous d'un réel édito. C'est à dire un article critique paraissant à date fixe et abordant un sujet d'actualité qui mérite selon nous un traitement à part. Comme tout contenu publié sur le site, l'édito engage l'ensemble de la rédaction même s'il reflète l'avis de l'éditorialiste qui a toute latitude pour traiter le sujet comme il l'entend.
 

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20 commentaires (1 à 15)


  • eMeRiKa

    05-02-2013 @ 09:18
    #1 / ESFR Staff

    J'aime bcp la précision sur l'édito en bas de page. Très bon article Straz :p

    +8  

  • P0uPid0u

    05-02-2013 @ 12:23
    #2

    Pareil, j'aime beaucoup la petite note. Enfin des gens qui ont des ballz ! :).

    0  

  • Lep0laC_-

    05-02-2013 @ 12:51
    #3

    Hehe la petite note edito ;)
    Très intéressant.
    Par contre un point ;
    "De plus, l’implantation, l’image et la notoriété des grandes compétitions internationales font que se passer d’elles reviendrait à se tirer une balle dans le pied."
    Malheureusement je n'en suis pas si sur.
    Tristement, le cash est le nerf de la guerre, si un éditeur ou une grosse entreprise décide d'investir XXXX k€ dans une compétition standalone / nouvelle marque , les joueurs et la communauté suivront.
    Ils ont la mémoire courte, et l'appât du gain primera :)

    +11  

  • Revenge

    05-02-2013 @ 16:13
    #4

    Ha, je suis donc le seul à penser que la petite note en bas est contradictoire avec le message qu'elle est censée délivrer ? Au final on a l'impression que l'édito sers de justification à un règlement de compte de cour de récré.

    -1  

  • Shalmy

    05-02-2013 @ 16:18
    #5 / ESFR Staff

    Un règlement de compte ? Pour ? Cette note est ce qu'elle est : une explication sur la nature de "nos" éditos pour que le lecteur ne le prenne pas pour ce que ça n'est pas.

    0  

  • FREIHH

    05-02-2013 @ 16:30
    #6

    Pour moi ça veut dire que le terme "edito" était bradé par certains qui s'en servaient pour dire tout et surtout n'importe quoi. D'ailleurs à ce rythme ils ne vont bientôt publier que des edito.

    +4  

  • Revenge

    05-02-2013 @ 16:41
    #7

    Modéré par les lecteurs

    -4  

  • sparconoob

    05-02-2013 @ 19:32
    #8

    Un peu pathétique votre explication du terme édito à la fin de l'article.

    ça pue juste la haine et rien d'autre.

    -2  

  • Kainaab

    05-02-2013 @ 19:51
    #9

    Et si on parlait du fond de l'article ? :3

    +8  

  • sknnou

    05-02-2013 @ 20:03
    #10

    J'ai lu l'article, que j'ai apprécié.

    Puis j'ai vu la petite précision. C'est puéril et facile. Quant à la mauvaise fois de Shalmy qui nie l'aspect "Dès qu'on peut en mettre sur le dos de aAa on fonce" je l'ai trouvé stupide.

    0  

  • Shalmy

    05-02-2013 @ 20:17
    #11 / ESFR Staff

    Bon que les choses soient claires, en soit je me fiche des articles que nos concurrents (pas que aAa) appellent édito même si pour moi ça n'en sont pas. Simplement, comme le lecteur esportif a l'habitude de lire ce type d'édito et pas un "vrai" édito je voulais être clair sur la nature de ce que nous proposions et il me semble qu'à force de vouloir chercher le mal où il n'est pas vous avez oublié les infos essentielles de cette précision :
    -c'est une rubrique régulière
    -ce n'est pas un genre de billet d'humeur/carte blanche personnel
    Et pas :
    -Shalmy n'aime pas aAa.

    1  

  • Syam

    05-02-2013 @ 20:29
    #12

    Bon article, belle analyse. Cet article me fait peur sur l'avenir du spot electronique, j'aime pas cette éventualité de contrôle total par les éditeurs.

    +3  

  • Lep0laC_-

    05-02-2013 @ 20:44
    #13

    Comme d'hab, le drama fait plus parler que le fond, c'est plus facile de whine :)

    +4  

  • Tartopome

    05-02-2013 @ 21:07
    #14

    Bon article. Je rejoins Syam, ca ne présage rien de bon :/

    Edité le 05-02-2013 à 21:56:08 par Tartopome

    +2  

  • sknnou

    05-02-2013 @ 21:59
    #15

    Alors tu aurais pu simplement donner la définition d'un édito sans faire ta petite précision sur "l'autre site".

    -1  

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