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Matthieu Dallon répond aux questions de Carmac lors de l'ESWC pour GGL.com.
Dans une longue interview d'une vingtaine de minute (Cf. Lien), le président de Games-Services, Matthieu Dallon, se confie à GGL.com. Le micro de Carmac est efficae, tout ou presque y passe. Du staff en passant par le projet sportif, l'exportation à l'étranger ou bien les droits de diffusion télé et même les raisons qui ont poussé NVIDIA à se séparer de l'ESWC cette année.
"Une victoire humaine avant tout"
Mathieu Dallon est désormais une personne emblématique. Se décrivant comme un manager, l'un des fondateurs de la Coupe du Monde des Jeux Vidéos a su mener jusqu'à présent un projet risqué. 
Mais avant d'arriver à ce statut, cet étudiant de philosophie a débuté ses activités dans le monde du jeu vidéo en fondant notamment Ligarena. Cette start-up est donc le prélude de l'ESWC. "L'aventure était difficile car nous étions nouveau sur le marché. De plus, nous étions jeunes et donc avec une expérience moindre".
2003 est un virage pour la société Ligarena. Celle-ci décide de tout miser sur un nouveau système. Une plateforme accessible sur Internet, permettant de gérer les tournois ainsi que des classements, est mis en place. L'aboutissement est le site de l'ESWC 2007, fonctionnant sur ce principe.
En parallèle de cette stratégie axée sur le Web, l'aspect marque et licence est le second front pour Ligarena, devenue Games-Services : l'appelation ESWC est née. Celle-ci est "désormais une marque à part entière". Depuis 2002, cinq éditions de la Coupe du Monde ont eu lieu.
L'une des clés de ce succès provient sûrement du côté du personnel : "Le staff est composé de personnes présentes depuis la première édition. Ce n'est donc pas un succès économique mais une victoire humaine avant tout."
"C'est le début d'une longue aventure"
Mener un projet de compétition de jeu à son terme est un défi complexe et toujours indécis. "Ce n'est pas un combat contre les éditeurs. Nous avons une vision qui n'est peut être pas partagée par eux."
Mener la bonne stratégie n'est pas facile; le recul nécessaire pour cela n'est pas possible puisque les compétitions de jeux ont une histoire encore très récente. De plus, les intérêts des sponsors sont multiples et savoir répondre aux demandes spécifiques est un véritable casse tête. "Le business n'est pas encore entièrement cerné". La complexité pour attirer à un même endroit des sponsors d'horizons différents est bien réelle.
Le modèle "idéal" dans ce domaine n'est pas encore trouvé : la formule du CPL World Tour en 2006, les Championship Gaming Series sont autant de tentatives de trouver la formule magique pour l'esport. Mais la solution parfaite n'existe toujours pas.
Concernant les programmes télévisuels présents notamment aux Etats-Unis par les WSVG ou les CGS, "cette étape est nécessaire mais n'est conçue que par rapport à la manière dont les Américains visionnent les émissions de télévision. Ce schéma n'est pas le même en Europe ou en Asie. Ceci est bien pour faire connaître et comprendre. Cependant les gens attendent quelque chose de réel : passer d'un milieu comme Internet où tout n'est pas visible à quelque chose de concret. Ils recherchent une histoire réelle".
Une des spécifités parmi les organisateurs de ces évènements mondiaux est que l'on retrouve toujours les mêmes personnes à la tête de ligues plus ou moins importantes. Mais il n'y pas encore "un projet d'envergure mondial".
Et pour augmenter cette popularité, le monde des compétitions de jeu vidéo doit passer par les médias grand public. Mais eux aussi ont fait leur évolution et "vouloir adapter des concepts issus du vingtième siècle dans le siècle actuel" n'est peut être la direction la plus juste.
Proposer un contenu palpable constitue le défi majeur. "Tout le monde doit pouvoir parler à tout le monde" : le lien entre les joueurs et le public est au coeur des préoccupations. "Les spectateurs ont la possibilité d'approcher les champions présents dans la zone de compétition pour concrétiser ce lien." Au final, rendre réel ce qui est issu du virtuel.
"L'échappatoire est de le faire... à nouveau. Sans porter attention aux droits"
Ah. S'il y a bien un sujet à la fois actuel et polémique dans l'esport, c'est bien ça. Les droits de diffusions de matchs Counter-Strike exclusifs accordés par VALVe aux Championship Gaming Series relèvent un problème qui colle à la peau de nos disciplines. Est-ce qu'au fond, un partie d'un jeu (une démo ou un replay) peut appartenir, de par ses performances uniques, à un joueur ? "Nous ne parlons pas de sport si le talent n'appartient pas à ses champions" estime M. Dallon qui n'hésite pas à se poser cette question suite aux sollicitations de Carmac dans le cas où VALVe leur ordonnerait de ne pas diffuser de compétition sur ce jeu d'équipe.
Sa tasse de thé, ce serait même de provoquer une jurisprudence dans le cas d'une telle injonction en ignorant le studio américain : "L'échappatoire est de le faire... encore. Sans être concerné par les droits... pour faire jurisprudence". Et ainsi voir comment les personnes concernées pourraient réagir face à une telle affaire. Il est évident de toute façon, si l'on veut que l'Esport grandisse, que jurisprudence soit faites, que ce soit dans le milieu du travail - On pense à l'autorisation obtenue par zet pour travailler aux Etats-Unis avec compLexity (Cf. Lien) - ou dans le milieu des droits de diffusion, télévisuels notamment. Jamais les juristes ne se pencheront sur ces sujets si on ne les leur pointe pas du doigt.
Juste avant d'aborder cet aspect fondamental du développement de l'esport, M. Dallon esquissait la solution qu'il considère adaptée. "Je pense que vendre les droits sur ce genre de jeux qui sont alimentés par la communauté, c'est un cercle vicieux. Ils doivent être libres d'une certaine façon." Ainsi, l'esport devrait reposer selon lui sur un univers "open source" c'est-à-dire libre de droit. Games-Services a déjà affiché cette volonté. A l'issue de leur collaboration avec Nadéo, TrackMania Nations ESWC était né. Tout comme le fait actuellement la CPL avec Severity, développé par EscalationStudios (Cf. Lien), puisque le jeu ne serait pas exclusif à l'entreprise d'Angel Munoz déclarait-il lors de son annonce (Cf. Lien) et pourrait être repris par d'autres organisateurs.
D'autres sujets sont abordés comme le choix entre CS Source et 1.6 : "Je ne sais vraiment pas" répète-t-il de la même manière à chaque inter-saison. Ou bien même son avis sur la légitimité d'un jeu dans l'Esport qui selui lui ne doit pas se baser uniquement sur la taille de sa communauté, citant Quake en le comparant à la Boxe ou la Formule 1.
"Je pense que NVIDIA a voulu changer de stratégie"
Terminons avec l'un des sujets les plus sulfureux, suscitant des rumeurs toujours très folles. En se séparant - momentanément ? - de NVIDIA pour l'ESWC 2007, Games-Services a forcément été déçu et amputé du choix du fabriquant de puces graphiques. M. Dallon relativise : "Nous avons une relation profonde avec NVIDIA en Europe. [...] Je pense qu'ils veulent juste créer une autre image autour de la marque NVIDIA et ils doivent couper avec beaucoup de choses très profondément ancrées avec les jeux vidéo par exemple."
Parmi les autres sujets parallèles au sponsoring, on retrouve cette question que de nombreux joueurs se sont posés : pour quelle raison le prize money a-t-il diminué de plus de 40 % cette année par rapport à 2006 ? La perte de NVIDIA serait l'une des causes ? "Ce n'est pas la conséquence directe répond M. Dallon. Mais, oui, bien sûr, on devait trouver un nouveau sponsor." Peu à l'aise face à cette question, M. Dallon a du mal a trouvé ses mots. Il aborde un autre aspect : "Cette année, aussi, on a eu une actualité spéciale en France, on a changé notre président. En France, la politique est très populaire. Et généralement jusqu'à juin, il n'y a rien dans les médias excepté les élections présidentielles. En communication pour le budget, pour tout, ça arrête beaucoup de choses. Quand vous voyez les investissements globaux de sponsoring en France, pour tous les sports, cette année est très basse et repartira l'année prochaine."
Le 16 mars de cette année (Cf. Lien), Games-Services avait déjà communiqué sur les présidentielles pour expliquer le décalage subit par la Coupe de France qui se retrouvait fin mai au lieu de mi-avril. Et au lancement de la saison de Cyberleagues en Septembre 2006 (Cf. Lien), M. Dallon s'interrogeait déjà sur l'impact des présidentielles sur la Coupe de France en expliquant de manière tout à fait officieuse que la mi-avril était l'une des options envisagées pour éviter les désagréments de l'élection.
Pour contre balancer la diminution du prize money, M. Dallon précise qu'ils fournissent de nombreux services tels que l'hébergement, les écrans et les machines de compétition qui font parti des conditions qu'il estime nécessaires.
Ils parleront ensuite de rumeurs inintéressantes du type "NVIDIA sera de retour l'année prochaine" ou "Il n'y aura plus d'ESWC" mais on retiendra seulement une chose prononcée par M. Dallon : "Nous sommes dans une meilleures situation, nous avons de meilleures options pour 2008 que nous en avions pour 2007. C'est une rumeur stupide."
On arrive presque à la fin. Justement l'occasion pour savoir si l'ESWC s'exportera à l'étranger non ? "Nous avons de nombreuses options explique-t-il. Pour 2008 et pour 2009. Quand ? Je ne peux pas y répondre." Il évoquera même un éventuel mouvement en dehors de l'Europe. Le projet sportif quant à lui devrait rester le même. Qualifications nationales et finale internationale. Il évoquera en outre le travail de fond qu'effectue Cyberleagues.fr en France (sans citer Cyberleagues) afin de promouvoir ce que propose ESWC.com.
Lancé en janvier dernier, ce portail propose tous les outils dont disposait Cyberleagues.fr aux organisateurs des 53 pays qualificatifs de la coupe du monde afin de gérer de leur propre volonté, s'ils le souhaitent, une saison complète. Et pas simplement des évènements qualificatifs pour la finale nationale comme cela se fait dans 99% des pays licenciés actuellement. Pour l'instant, seule la Belgique a suivi le projet. Il est évident que Games-Services aura beaucoup de travail pour séduire les organisateurs des grandes nations esportives telles que la Suède, les Etats-Unis ou bien la Corée afin de leur faire confiance dans ce projet qui cherche à tout englober. Du petit joueur du dimanche qui veut faire un peu de compétition pour s'amuser au plus grand champion international.
Il est évoqué aussi ce projet de master dont on avait entendu parlé pour la première fois au lancement de la nouvelle version de Cyberleagues.fr, il y a déjà trois ans. Ceci afin de satisfaire les besoins de partenaires qui veulent s'associer à des évènements internationaux "tous les mois ou tous les deux mois, cela dépend des opportunités."
Au final, l'entretien nous gratifie de nombreuses informations concernant la philosophie adoptée par Games-Services quant à sa conduite de projet et ses objectifs. Ils semblent rester fidèles à eux-même et cherchent encore à approfondir leurs relations avec les organisateurs nationaux en leur inculquant ce projet de saison dynamique construit sur de nombreux évènements locaux de septembre à mai.
Article écrit en collaboration avec Manuel "manuuu" Raynaud
Plus d'infos ?Interview : GGL.com
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Edité le 20-07-2007 à 02:38:22 par Trak
Les Masters ESWC ça pourrait etre pas mal a mettre en place :)
/agree sur la nécessité que les développeur ne doivent surtout pas passer de contrat d’exclusivité avec des organismes.
C’est aussi rassurant de savoir que M.Dallon est prêt à aller jusqu’aux tribunaux pour cette histoire de retransmission télé.
Sinon on ne sait toujours pas si l’ESWC change de pays l’année prochaine et cette histoire de Masters reste aussi bien mystérieuse.
#2 je pense qu'il feront pas 2fois la même erreur!
Edité le 20-07-2007 à 03:13:18 par Gorilla.dk
Edité le 20-07-2007 à 12:08:19 par Lep0laC_-
USA $$$
Sinon pour rebondir sur les comment qui ont été fait, si vous avez regarder l'itw vous avez du comprendre le principe de l'eswc : avoir le ( les ? ) meilleur de chaque pays qui auront batailler pour leur place toute l'anée et les reunir une foi par an pour voir qui c'est le patron...donc en fait le systeme actuel est pas si mal, même a war3 ou on a bien vu que les qualif coréenne avaient certainement un meilleur niveau que le tournoi final, on se retrouve quand meme avec 3 coréens au depart ca me semble être un nombre correct si on veu avoir quelque chose de vraiment international
Bref personelement je pense que M.Dallon a la meilleure vision de l'esport aujourd'hui, c'est a dire celle que les joueurs veulent et j'espere que le modele de l'ESWC s'imposera, au qu'au moin les valeur qu'il met en avant seront adopter par les autres organisations
Edité le 21-07-2007 à 19:57:41 par marou