Monde
Counter-Strike
Le choix structurel d'un tournoi de Counter-Strike est un problème récurrent chez les organisateurs d'évènements. On en parle lorsque des matchs en BO1 se jouent. On n’hésite pas d'ailleurs à l'opposer au BO3 tout en dépeignant les aspects négatifs et positifs de ces deux possibilités. On en parle aussi lorsqu’il n’y a pas de loser bracket où l'on y opposait le traditionnel duel ESWC - CPL.
Pourtant sujet à polémiques, il se pose ici une problématique profonde. La perspective sportive n'est pas l'unique remise en cause qu'apporte ce problème, de multiples aspects entrent en jeu. Entre autres, ce souci de banaliser ces disciplines pour qu'elles soient rangées fièrement aux côtés des sports traditionnels. C'est dans ce contexte qu'interviennent la pression sociale et la pression médiatique, jouant un rôle majeur dans cette évolution, ce formatage.
L’alchimie spectacle et sport
L’évolution des cadres de tournoi dans l’esport a rythmé l’opinion en fonction de ses décisions. Le choix de l’ESWC d’abandonner l’option de l’arbre à double élimination en faveur de deux phases de poules et d’un arbre à simple élimination aura véritablement lancer le débat.
Ce débat consiste en deux points dont l’un découle de l’autre. Le premier consiste en l'adaptation d'une compétition à la production médiatique des événements. Le second, sportivement parlant, doit influer sur le premier en lui rappelant que, par son contexte d’événement de compétition sportive, des règles d’équité, de respect, de valeurs doivent être respectées.
Il faut ainsi jongler entre spectacle et sport et ne pas perdre de vue que le principal moyen de développement de l’esport réside dans la communication publicitaire. Ni oublier la couche en dessous - ou au-dessus selon le point de vue - qui représente la compétition avec des compétiteurs. Et ils doivent être considérés en tant que tel.
Ca marche comment ailleurs ?
De nos jours, il n’existe plus aucune compétition internationalement reconnue possédant un système de « repêchage » comme le propose le système à double bracket. C'est d'autant plus vrai lorsque l'on s'attarde sur le suivi médiatique des évènements. Les médias n’ont plus l’habitude de donner un aperçu de la compétition à travers un arbre. A la télé encore plus. Attardez-vous sur la production audiovisuelle autour de la Coupe du monde de football ou les compétitions de tennis. Il est très rare de nos jours de voir l'arbre qui représente les quart, demi, etc.
En revanche, ce que les médias souhaitent exprimer par les mots, c’est que celui qui ne perd pas gagne la compétition. Dans l’inconscient collectif, une équipe qui perd un match de football en phase finale est éliminée. De même au tennis pour un joueur. Un raccourci, probablement justifié au premier abord, consisterait à appliquer cette méthode à l’esport. Pourquoi ne faut-il pas alors copier ces sports ?
Une solution simple pour un contexte complexe
Si l’on se base sur ce raisonnement, tous les arguments jouent en la défaveur de l’arbre à double bracket. D'ailleurs, il existe au football des tournois qui proposent même des tirages au sort à chaque tour durant les phases finales. Pourtant, des éléments primordiaux pour l’équité esportive seraient ignorés si l'on appliquait ces choix au monde de l'esport et notamment à Counter-Strike.
A Counter-Strike, il n’y a pas de terrain neutre comme un terrain de football ou une table de ping pong. Il y a ce que l’on appelle des « maps ». Ces maps ont comme particularité de ne pas être symétriques selon le camp où l’on apparaît. La conséquence : l’équité des équipes n’est jamais respectée puisque la map donne souvent l’avantage à un camp par rapport à l’autre. Et encore, je n’aborde même pas les caractéristiques différentes entre les armes – qui ne sont pas les même selon les camps – et qui font que de toute manière, même sur une map neutre, le camp attaquant (Terroristes) et le camp des défenseurs (Contre-Terroristes) ne sont pas équilibrés. Cette instabilité a été partiellement réglée en faisant jouer a tour de rôle les équipes dans les deux camps, ce qui paraît le minimum syndical.
D’un autre côté, l’usage nous a appris que la psychologie à Counter-Strike est d’une importance capitale. Ce que l’usage nous a aussi appris, c’est qu’en règle générale, lorsque la première manche est très bien entamée, la seconde manche est souvent une formalité pour l’équipe qui aura su prendre un certain avantage.
Là où je veux mener le raisonnement, c’est sur le choix – que je reformulerais personnellement par non-choix – des camps pour les équipes au début du match.
Car si on redonne de l’équilibre au jeu en effectuant un changement de camp en milieu de match, le BO1 est incapable actuellement de donner une réponse adéquate à l’équipe qui sera tombée par malchance en premier sur le camp qui présente des désavantages.Sommaire
Page 1 - Vers quel modèle ?
Page 2 - Best-Of-1 ou Best-Of-3 ?
Page 3 - Quel choix faire ?
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