Général
L'équipe, une et organisée, c'est ce qui fait la
victoire à CS. CS possède cette dimension collective louable :
communication, effort commun, émotion crispante du groupe. Jeu vidéo
étant probablement le plus proche des sports à succès comme le
football, CS a ses stars, sa glorieuse incertitude concernant le
résultat final d'un match. Nombre de retournements sont possibles, le
spectacle est là ! Un jeu simple dans son esprit, facilement accessible
aux débutants et attrayant pour les experts : « c'est la force de CS » comme le dit
aT|Mash.
De plus, un spectateur non initié comprendra vite le principe,
anti-terroriste versus terroristes. Bush versus Ben Laden. Voici le
côté principalement gênant de CS, un aspect réel (skin, armes) qui aide
le spectateur dans sa compréhension mais qui peut très vite le mener
vers des considérations plus « politiques ». Vers des débats dans
lesquels CS et ses joueurs n'ont jamais voulu s'engager. Le Star System
généré par CS occasionne lui aussi des troubles : les joueurs
délaissent plus facilement leur équipe pour une autre, brisent l'élan
collectif. Ainsi, ils gâchent le spectacle, détruisent l' « identité »
des équipes et encrassent les rouages de quelques organisations qui se
voulaient fédératrices. Problème bien décrit et mis en avant par
aT|Rodhan qui, exténué, signait « Jour de Deuil » (lisible ici), news annonçant une nouvelle période d'inactivité pour le clan aT.
Finalement, CS, un jeu spectaculaire et guerrier, qui flirte trop avec
la réalité et qui par son principe développe plus facilement des
mentalités réductrices, néfastes à la grande cause de l' « e-sport ».
Warcraft 3, le jeu d'un joueur. Dans lequel le
concept d'équipe reste relativement secondaire. C'est le culte d'un
style, d'une personne. Adieu les embrassades, mouvement de compassion,
de fin de match. C'est l'ovation d'un homme seul, d'une pensée unique.
Triomphant d'un duel à mort, gladiateur, sans valeur, les yeux fiers.
Qu'est qu'un homme seul peut changer ? Aura-t-il seulement l'audace de
mettre sa victoire à profit et d'utiliser son nouveau crédit pour
lancer un nouveau débat concernant les choses e-sportives ou se
complaira t'il dans sa gloire orgueilleuse, savourant cette bénédiction
aveugle de la foule ? Je le reconnais, les mots sont grands et poussent
à l'hyperbole. Mais le jeu collectif a cet avantage, il noie la
personnalité au milieu du groupe et ne permet que rarement l'émergence
d'un héros « constant », dictateur de pensée. Hormis cette
considération, Wacarft 3 reste un jeu honorable : univers fantastique,
correction régulière des bugs, jeu technique mais accessible aux
débutants grâce à un système de ladder adapté. Un grand jeu de
stratégie multi-joueur qui souffre surtout de son manque de
spectaculaire, peu accessible pour un public non initié. Un des causes
à ce manque de spectacle est, comme le souligne
MJ^WoLFoU, : « la
microgestion très présente, comparée à SC Brood War où c'est la macro
qui domine et facilite la compréhension du spectateur. C'est pour cela
qu'en Corée, SC BW reste plus populaire malgré ses graphismes pauvres
et que les matchs sont encore retransmis à la TV ». De plus, Warcraft 3 est un jeu qui s'essouffle, victime du célèbre MMORPG World of Warcraft : « Disons
que beaucoup de joueurs étaient sur Warcraft 3 pour l'univers sans
vraiment aimer la compétition et là, WoW offre l'univers dans un milieu
moins compétitif. Beaucoup de teams sont mortes à cause de WoW et même
à haut niveau des joueurs ont arrêté pour WoW » (
MJ^WoLFoU )
PES4 ou Battle Field offrent ils de meilleurs perspectives dans l'idée d'un jeu idéal ?
On pourra reprocher à PES4, le même défaut majeur qu'à Warcraft 3 : la
primauté de l'individu. Quand à Battle Field qui offre de larges
ressources concernant le jeu en équipe, avec des équipes de 8 joueurs
ayant tous une spécialité (aviation, infanterie, tanks), il se base sur
un univers historique fort gênant : des scénarios de bataille de la
seconde guerre mondiale. Le joueur peut alors s'assimiler à un
véritable soldat. Mais perçoit il l'horreur qui pouvait régner sur un
champ de bataille, la perte d'un camarade, le sang, la douleur,
l'angoisse ? Non, le joueur perçoit une image fausse, victime d'une
propagande militaire.
Cette logique individuelle se retrouve dans des jeux
tels que Quake 3, PK ou UT. Paroxysmes du jeu guerrier et violent pour
certains. Simple dans son principe : « en duel nous avons deux joueurs qui s'affrontent et le vainqueur est celui qui "frag" le plus son adversaire en 15 minutes » (
esports`ahriman), facilement observable et compréhensible pour le spectateur. Bien que « la vitesse de l'action et la complexité des maps peuvent rebuter les spectateurs néophytes » selon
esports`ahriman. L'univers du jeu est, quant à lui, complètement déconnecté du réel, l'action se déroulant dans des lieux futuristes : « En ce qui concerne Quake 3 les traits sont volontairement caricaturaux et donc on se substitue difficilement aux personnages » disait
[aAa]Lap1n, pensant aussi que « contrairement a certains jeux, Quake 3 peux se vanter d'avoir une communauté solo et team à peu près égale ». Communauté solo, communauté team ; communauté unie ?
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