L'entrainement nécessaire pour percer à Starcraft devient trop important. Ret vient d'annoncer qu'il quittait, déjà, l'équipe coréenne eSTRO. Qu'en sera-t-il pour SC2 ? Intégrer une proteam coréenne peut ressembler à l'eldorado pour un joueur de Starcraft, un premier pas vers l'accomplissement d'un rêve : devenir riche et célèbre grâce à sa passion. Récemment, Joseph "Ret" de Kroon, considéré comme l'un des meilleurs joueurs non coréens, avait été invité à faire partie de l’équipe eSTRO. Il n’aura pas survécu un mois à l’enfer qu'on lui a proposé. Vivre en communauté avec une vingtaine d'adolescents coréens, et jouer du matin au soir jusqu'à l'écœurement s'est avéré beaucoup trop dur pour ce Hollandais de 24 ans. Pourtant il savait ce qui l'attendait. La culture coréenne, qui met le travail au centre de tout, explique en partie l'emploi du temps de stakhanoviste imposé aux joueurs.

Ret vainqueur de la DreamHack
| | Mais il faut se rappeler que Starcraft est un jeu d'un autre âge, et cela fera bientôt 12 ans (en avril 2010 exactement) que le RTS futuriste de Blizzard a vu le jour. Ce sont moins les graphismes 2D qui gênent (la qualité de design des unités et bâtiments y est pour beaucoup) mais plus l’interface, archaïque, qui choque. Complètement désuète par rapport aux standards actuels des RTS, elle ne présente pas les fonctions d’auto-mining, de sélection de plusieurs bâtiments à la fois, de groupement plus de 12 unités, etc. Il en résulte que le jeu est incroyablement difficile à maitriser, et que l'on est obligé de jouer énormément pour être le meilleur.
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Bien sûr, comme Warcraft 3 en son temps, Starcraft 2 va bénéficier à sa sortie d’un lifting complet d’interface par rapport au premier opus. Mais Warcraft 3, avec ses unités chères et résistantes et ses héros tout-puissants, avait clairement pris le parti de concentrer sa difficulté sur l’importance de la micro-gestion. La simplification de l'interface était en ce sens.
Pour SC2 en revanche, la mise à jour prévue risque de changer la nature même des compétitions actuelles de SC1. À l'annonce des futures modifications de l'interface, les fans se sont braqués. Car c’est justement parce que Starcraft est si difficile à maîtriser que sa scène professionnelle est si intéressante à suivre. C’est bien pour cela que les parties ne se ressemblent jamais : la somme d’actions à effectuer est telle, que même lorsque les joueurs connaissent sur le bout des doigts leur stratégie et celle de leur adversaire, les spectateurs n’assistent jamais vraiment à la même chose. C’est aussi parce qu’il est si difficile à maitriser que les stratégies se renouvellent sans cesse : certaines tactiques actuelles n’ont vu le jour que récemment car elles sont très gourmandes en APMs. Trop pour les joueurs qui dominaient les années précédentes. C’est enfin parce qu’il est si difficile à maîtriser que l’on peut admirer autant les meilleurs joueurs. Même entre progamers coréens qui jouent tous au moins 10 heures par jour 6 jours sur 7, des différences abyssales restent. Enfin c’est grâce à cette difficulté d’exécution qu’on a des joueurs aux styles bien différents, certains préférant se concentrer sur la micro, d’autres, sur la macro.
| Mais il y a donc le revers de la médaille. Pour percer en Corée, on ne vous donne pas le choix. Il faut jouer, jouer, jouer. Et seulement les tous meilleurs auront un retour sur investissement. Ceux-là auront gagné assez d’argent pour vraiment pouvoir profiter ensuite. Si les « seulement » très bons auront eux aussi accumulé un assez gros pactole pour voir venir, la plupart des progamers coréens se retrouveront, à la fin de leur carrière, sans argent de côté ou presque, sans avoir fait d’études ou de formation, et en ayant passé les 5 dernières années de leur vie enfermés entre 4 murs devant un écran de PC. | | 
Une future star en devenir ?
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Sûrement que dans SC2, les différences entre des joueurs micro et macro seront moins marquées, que l’écart de niveau entre le meilleur et le moins bon sera moins visible. Mais peut-être aussi qu’avec des mécaniques simplifiées, les meilleurs joueurs de SC2 seront surtout ceux qui ont le meilleur feeling, la meilleure inspiration, le meilleur talent naturel. Et qu’ils domineront sans avoir besoin de s’entrainer autant que le font les progamers coréens de Starcraft. Une possibilité qui serait une bonne nouvelle pour une éventuelle professionnalisation mondiale du sport électronique.