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L'ESWC en images, à l'écrit, en dessin. Une victoire médiatique ?


L'ESWC 2007 est terminé et la rédaction en est ressortie avec beaucoup d'images en tête. Mais il est toujours intéressant de s'attarder à ce que les autres médias ont eux aussi retenu. Notamment ceux présents sur le net. Entre caricature, reportage écrit ou vidéo et passage au journal télévisé, l'ESWC 2007 s'est imposé, une fois de plus, comme le premier évènement esportif médiatique français. On vous le rappelait durant l'évènement (Cf. Revue de press 1 et 2) mais on en a loupé pleins d'autres. Et ça continue de pulluler.


"Est-ce qu'il pourra remercier ses sponsors ?", Ecrans.fr
On commence avec une bande dessinée très amusante - le titre fait allusion à l'interview de Carl - dessinée par Eric Delmotte et scénarisée par Pierre Cattan. Elle a le mérite de faire la caricature de nos disciplines et de nos champions et ça fait toujours du bien. Disponible sur Ecrans.fr (Cf. Lien).

"A la rencontre des gamers professionnels", O1net.com
Bon, bon, bon. On a assez rigolé maintenant. 01net.com a préparé un reportage vidéo celui-ci très sérieux sur le pro-gaming où sont interrogés Adrien Vincent, directeur de Games-Services qui dit beaucoup de bien de l'ESWC, Baldours de goodgame qui, lui, parle de son avenir professionnel et QueenStar et Sofie des Seules à qui on ne leur pose pas de question intéressante. Avec pour problématique de fond, "ces joueurs peuvent-ils vivre de leur passion ?" Bon, en fait, ils ont oublié d'y répondre à la fin.

Les vidéo quotidiennes officielles de l'ESWC
Les vidéos officielles de l'ESWC ont tourné beaucoup sur le net. D'ailleurs, Rakaka.se, et ils ne sont pas seuls, n'hésitait pas à les uploader sur dailymotion.com et les intégrer dans leurs articles. Très flashy aux effets dévastateurs pour tes rétines, le format n'a pas l'air adapté à l'intérêt que l'on peut porter, par jour, à l'ESWC. La réalisation est en revanche quasiment irréprochable (le son est juste parfois mal calibré mais ça reste infime). Au programme des interview et beaucoup de "The ESWC is amazing". Très marketing forcément.

La finale Counter-Strike comme si vous y étiez, Gametube.fr
Pour ceux qui ont raté la finale Counter-Strike, Gametube.fr vous permet de revivre cet évènement tout juste incroyable, émotionnellement parlant. Le public qui chéri ses idôles, qui encourage NoA à ne pas céder aux pressions et aux skill des polonais, et cette prolongation ! Impressionnant de revivre ça, le match nul sur Nuke, la première prolongation, la seconde prolongation et la délivrance des PGS sur Inferno. En tout cas, la qualité est bien meilleure que le stream vidéo gratuit proposé par GIGA 2 en direct durant l'évènement, on peut lire le score...

"Quand les « gaming zones » prennent le large", 20minutes.fr
Le site 20minutes.fr a publié un article dimanche dans l'après-midi en trois paragraphes sur l'ESWC. Le premier explique le caractère international de la compétition. Soit par le langage et le vocabulaire utilisé (honnêtement, j'utilise jamais le mot "gaming zone", et vous ?), soit par les pays impliqués, n'hésitant pas à comparer les WCG à son concurrent français qui serait "Loin encore du faste et de l’ampleur qu’atteint l’autre Coupe du monde organisée en Corée".

La féminisation du jeu vidéo, fer de lance médiatique de Games-Services, est ensuite traîtée dans le deuxième paragraphe à travers les dires d'Adrien Vincent : "Surtout le public s’est féminisé et la tranche d’âge va de 12 à 30 ans." 20minutes.fr n'hésite pas à relayer la troisième place acquise par BTB.

Enfin, l'article se termine sur l'image traditionnelle du prize money mis en jeu, 180 000 $, sans évoquer la baisse par rapport à l'an passé, mais aussi et surtout sur les quelques mots prononcés par le directeur général de Games-Services et qui devraient probablement retenir votre attention : "Adrien Vincent confiait ce week-end que la Coupe du monde, forte de son succès, avait « vocation à partir à l’étranger dans une grande capitale internationale»." A chaque fin d'ESWC, c'est pareil. L'illusion d'un déplacement à l'étranger, est-ce encore un coup marketing, un appel de Games-Services envers nos pays voisins ou bien une réalité ?

En tout cas, les relations développées, depuis déjà 5 ans et parfois plus, avec les différents organisateurs nationaux leur donnent probablement des ailes. La moins coûteuse et la moins risquée serait une coupe du monde à Bruxelles. Starlan, organisateur des qualifications belges, entretient d'excellentes relations avec Games-Services et les a intensifié dernièrement en mettant en place un système similaire de qualification "à la Cyberleagues.fr" par l'intermédiaire du portail ESWC.com. Serait-ce une porte ouverte ?

"Ces joueurs n'ont rien à envier aux vrais athlètes", J.T. de France 2, 13h
Retour de bâton. On a souvent considéré que les gestes d'un joueur surmotivé ou dépassé par l'émotion d'une victoire qu'il sent proche étaient parfois exagérés et transpiraient une violence gestuelle évidente. Le journaliste de France 2 n'y hésite pas à s'engouffrer, bien que le reportage soit globalement positif, en amalgamant au passage "coach" et "arbitre". Du moins... à l'image. "Derrière les joueurs, en permanence, un arbitre (image de coach). Il n'intervient que si les joueurs se tapent dessus. Ce qui peut arriver." Quelques secondes après, l'image de baldours qui se lève et crie après un round remporté sur mibr utilise avec facilité le pouvoir de l'image et la violence qui s'en dégage.

Le mondial du gaming selon TF1-LCI
On termine avec le plus drôle. Le groupe TF1-LCI met à disposition 4 médias différents autour de l'ESWC dont 2 axés sur le ballon rond. Le premier, un article, revient sur la finale de Pro Evolution Soccer de l'ESWC 2007. Le deuxième est lui une petite perle. Il s'agit d'un reportage vidéo intitulé "5ème Coupe du monde des jeux vidéo à Paris" dans lequel ils suivent le parcours de Spank à la PES League (Sisi !) qu'ils ne citent pas une seule fois. Ni même le nom du jeu d'ailleurs. Enfin les deux derniers sont plus traditionnels. L'un, "Des joueurs très pro", parle de la Coupe du monde dans son ensemble tandis que l'autre, "Balade au mondial du Gaming 2007", est une vidéo sans commentaires et en musique (bizarrement la plus authentique) signée LCI.


Finalement, l'ESWC a bénéficié d'une imposante couverture presse. Erwan Cario, journaliste chez Libération, le rappelait déjà dans l'émission de NetG-Radio.net, "Parlons d'Esport", en mars dernier : l'ESWC 2006 avait bénéficié d'un impact médiatique fort. Mais cette année, le risque était différent pour Games-Services qui, avec la présence d'un salon dédié au jeu vidéo, cherchait à diversifier ses activités en s'ouvrant à un public plus large qu'à l'accoutumée.

Sur ce créneau pour l'instant, Games-Fed, société de communication, semble mieux installée avec son Festival du Jeu Vidéo (Cf. Lien) en marge des qualifications françaises des WorldCyberGames. Il aura lieu fin septembre cette année mais on aura l'occasion d'en reparler plus tard.

En tout cas, s'ils conservent cette formule, Games-Services chercheront à tout prix à séduire des clients potentiel pour leurs (futurs?) mondial du gaming. Mais rares sont les articles et les dérivés journalistiques à avoir fait la différence entre le salon, qui restait assez superficiel, et la compétition. Bilan médiatique mitigé pour leur salon donc mais, en parallèle, une belle victoire pour l'Esport.